L'article de la série vidéo en 3 parties. Le système d'abord, les chiffres ensuite, et ce qu'on peut y changer. Mis à jour le 18/10/2026.
Chaque année, l'humanité envoie à peu près autant de CO2 dans l'air que l'année précédente. Alors pourquoi la planète continue-t-elle de se réchauffer ? Parce que ce qui compte, ce n'est pas ce qu'on émet une année : c'est ce qui s'accumule.
Imagine une baignoire. Le robinet, ce sont nos émissions : centrales électriques, voitures, usines, chauffage. La vidange, ce sont les océans et les forêts, qui absorbent une partie du CO2. Tant que le robinet coule plus fort que la vidange, le niveau monte, même si on n'ouvre pas le robinet davantage. Et le réchauffement dépend de ce niveau.
En 2025, les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) et le ciment ont émis environ 38,1 milliards de tonnes de CO2, un record, en hausse d'environ 1 % sur un an (estimation du Global Carbon Project). Si l'on compte tous les gaz à effet de serre, environ les trois quarts viennent de l'énergie : produire l'électricité et la chaleur (environ un tiers), les transports, l'industrie et les bâtiments. L'agriculture pèse environ 12 %.
Sur la décennie 2015-2024, l'océan a absorbé 29 % de nos émissions de CO2, et les terres (forêts, sols) 21 %. Le reste, environ la moitié, s'est accumulé dans l'atmosphère.
Avant l'ère industrielle (vers 1750), l'air contenait environ 278 molécules de CO2 pour un million de molécules (278 ppm). En 2024, 422,8 ppm ; en 2025, environ 425,6 ppm selon l'estimation provisoire. C'est plus de la moitié en plus.
Si l'humanité arrêtait simplement d'augmenter ses émissions, le niveau continuerait de monter. Pour qu'il se stabilise, il faut que le robinet descende jusqu'au niveau de la vidange. Combien peut-on encore en mettre avant de « déborder » d'un objectif climatique ? C'est la question du budget carbone : l'article et l'outil sont ici.
La Chine est le premier émetteur de la planète. C'est vrai. Mais ce n'est qu'un classement sur quatre, et les trois autres racontent une histoire différente…
Les chapitres 2 et 3 (les quatre classements des pays, la France sur son sol et dans son caddie), ce que tu peux y changer, la méthode et les schémas. Laisse ton e-mail : tu reçois le lien de l'article complet, puis la fiche de chaque nouvelle vidéo, une fois par semaine maximum.
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On peut classer les pays de quatre façons, et chacune répond à une question différente : qui émet le plus aujourd'hui, qui émet le plus par personne, qui a le plus rempli la baignoire depuis le début, et pour qui on produit.
Tous gaz à effet de serre confondus (hors forêts et usage des sols), le monde a émis 54,1 milliards de tonnes équivalent CO2 en 2025. Part de chaque grand émetteur :
Source : EDGAR (Commission européenne, JRC), rapport 2026.
Rapporté au nombre d'habitants, le classement change : un Américain émet environ deux fois et demie plus qu'un Européen, et six fois plus qu'un Indien. Un Chinois émet déjà plus qu'un Européen.
Tonnes équivalent CO2 par habitant et par an, émissions sur le territoire. Source : SDES, Chiffres clés du climat 2025 (données EDGAR et Banque mondiale).
Le climat dépend du niveau dans la baignoire, donc de tout ce qui a été émis. De 1850 à 2025, l'humanité a émis environ 2 651 milliards de tonnes de CO2 (énergie, ciment et déforestation compris). Les États-Unis en ont émis plus d'un cinquième (542 milliards de tonnes), la Chine 13 %, l'Union européenne 12 %.
Un téléphone fabriqué en Asie et acheté en Europe est compté chez le fabricant dans les trois premiers classements, et chez l'acheteur dans celui-ci. Résultat : l'Europe de l'Ouest et les Amériques sont importatrices nettes d'émissions, l'Asie et l'Europe de l'Est exportatrices nettes.
La France compte ses émissions de deux façons. Celles émises sur son sol (l'inventaire national). Et son empreinte : tout ce que les Français consomment, que ce soit fabriqué en France ou importé. Quand une usine ferme en France et que le même produit est fabriqué à l'étranger, les émissions sur le sol baissent, mais l'empreinte ne bouge pas.
Tonnes équivalent CO2 par habitant, 2024. Source : SDES (octobre 2025).
Depuis 1990, les émissions de la France ont baissé de 31 %, mais son empreinte de 20 % seulement. Pourquoi cet écart ? Environ la moitié de l'empreinte des Français est émise à l'étranger, dans ce qu'on importe.
En 2024, le premier poste est celui des transports : 117 millions de tonnes, environ un tiers des émissions du pays, et c'est le seul secteur qui n'a pas baissé depuis 1990. Les bâtiments (logements, bureaux) pèsent 57 millions de tonnes, environ 15 %, leur plus bas niveau depuis 1990. Le reste vient de l'agriculture, de l'industrie, de la production d'énergie et des déchets.
Global Carbon Project, Global Carbon Budget 2025 (ESSD, 2026) : essd.copernicus.org
EDGAR (Commission européenne, JRC), rapport 2026 : edgar.jrc.ec.europa.eu
SDES, Chiffres clés du climat 2025 : statistiques.developpement-durable.gouv.fr
SDES, émissions et empreinte carbone de la France en 2024 : statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Citepa, Secten 2025 : citepa.org
Carbon Brief, émissions historiques cumulées : carbonbrief.org
WRI, Climate Watch, émissions par secteur : wri.org
Our World in Data, émissions par consommation : ourworldindata.org